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Jeudi 22 juin 2006

J'ai trouvé cet article intéressant pour ceux qui comme moi n'arrivent pas à s'arrêter même pour les vacances. (Les parentèses sont de moi.)

SUIVRE LES TRACES D’ALEXANDRE LE BIENHEUREUX

(Notre côté robot)

Fatigué ! Pas le temps ! Trop de travail !

Nous répétons ces expressions comme des robots, sans vraiment nous rendre compte de ce qui nous disons. Vous en doutez ? Faites le test. La prochaine fois que l’on s’informera de votre emploi du temps, répondez : "Je suis bien, j’ai peu de responsabilité, mon travail me laisse beaucoup de temps libre." Attention ! Vous risquez de passer pour un imbécile heureux.

Il n’est pas de bon ton d’avouer que l’on profite simplement de l’existence, que l’on n’a pas de grand projet pour l’instant, que l’on ne fait pas d’effort particulier pour améliorer sa santé ou pour épanouir son couple. Celui qui ose passe au mieux pour un paresseux, ou pire pour un irresponsable.

 (Toujours plus)

 Nous avons très peur d’être pris en flagrant délit de paresse. C’est que la paresse conduit à l’oisiveté qui, comme on le sait, est la mère de tous les vices. Aussi, nous nous activons. Sans cesse. Le travail, la partie de soccer de la petite dernière, le cours de guitare de l’ado, la visite de la belle-famille, nous naviguons à vue dans une existence de plus en plus véloce. On nous investit aussi de multiples responsabilités : en société, il faut être de bons citoyens, des contribuables disciplinés, des consommateurs avertis ; à la maison, nous devons être de bon parents, des conjoints parfaits, des amis hors pair ; au travail, il faut se comporter en employés brillants et performants, en collègues exemplaires. Nous devons jouer cent rôles par jour : les jeunes premiers, les personnages de soutien, les bonne bouilles et les vilains méchants. Mais, comme nous n’avons pas tous les talents, il nous arrive parfois de manquer une réplique ou même, ce qui est plus grave, de nous tromper de costume.

 Souvent, nous sommes essoufflés. On le serait à moins ! Il est tout à fait normal d’être fatigué. Mais hier, la fatigue était un état transitoire. Aujourd’hui, elle se décline en plusieurs variantes, selon l’intensité et la durée. Il y a toujours le coup de barre, la simple fatigue, mais elle est devenue banale. Sont apparu aussi la léthargie, la déprime, la dépression et, le dernier en lice, le burnout, plus répandu. À ce rythme, fatalement, on en arrivera à être fatigué de soi-même.

 (Alexandre le Bienheureux)

 Parfois, quand j’ai le temps de m’arrêter un peu, il me revient en tête les images d’un film merveilleux, que j’ai vu pour la première fois il y a 20 ans – et plusieurs fois par la suite : Alexandre le Bienheureux. Le personnage central de ce chef-d’œuvre, incarné par Philippe Noiret, est un joyeux décrocheur. Le film est un hymne à la paresse et à la tendresse. Rappelons-en la trame.

 Alexandre travaille du matin au soir, et il est exploité par une femme sans scrupule. Du jour au lendemain, il se retrouve veuf et découvre alors sa grande passion : la paresse. Alexandre décide de se coucher pendant plusieurs semaines. Il dresse son chien (qu’il appelle " le chien ", parce que c’est trop fatiguant de lui trouver un nom…). L’animal lui apporte les provisions essentielles que lui prépare Agathe, une séduisante voisine. Alexandre finira presque par succomber aux charmes de la jolie prétendante. Mais, au moment ultime, il se ravise, et opte finalement pour la liberté, la nature, le billard, la pêche et la fainéantise.

 Alexandre le Bienheureux est une comédie tendre et ensoleillée comme un bouquet de marguerites. Ce film nous ramène à l’essentiel alors que nous travaillons comme des mules pour empiler le superflu.

 (La grande décision)

 L’autre jour, alors que je m’étais esquinté toute la fin de semaine à terminer un travail urgent ( !), des scènes du film me sont revenues en tête. J’ai revu Alexandre, sa bonhomie, son air béat. Et j’ai pris la décision : j’allais, moi aussi, succomber à mon penchant irrépressible, contre lequel j’avais toujours lutté, en vain : ne rien faire. Oh ! pas longtemps. Juste un petit mois, tiens. Je décidai de réclamer le droit à la paresse. Et j’allais l’appliquer sur-le-champ, toutes affaires cessantes.

 Lundi matin. Je reste au lit. Je veux profiter de la langueur du jour qui commence, retrouver la paresse de l’enfant qui rechigne à entrer dans une autre journée. Fini l’esclavage du travail, le tintamarre du quotidien.

Je choisis le bruissement des choses simples. Je fuis cet univers où tout le monde s’active pour partir à la recherche du temps perdu.

 (Le naturel revient au galop)

La première journée s’est bien passée. Le lendemain matin pourtant, j’avais besoin de me secouer un peu. Je me suis levé, j’ai déjeuné, aussi lentement et copieusement qu’on puisse le faire, j’ai allumé la radio, la télé, je suis allée faire une marche. À midi, je commençais à tourner en rond. J’ai alors décidé d’ouvrir un petit dossier qui me chicotait depuis longtemps, juste pour y jeter un coup d’œil. En fait, j’y travaillé jusqu’à … minuit. Le lendemain matin, je recevais un appel du bureau. On me demandait de rentrer, oh ! quelques heures à peine, le temps de régler une affaire urgente. Après, je pourrais repartir en vacances. Je suis resté au travail deux jours. Il avait donc suffi d’un simple appel à l’aide pour que je me crois indispensable. Vanité ! Il est donc si difficile de briser ses chaînes.

 Bon. Il faudrait bien que je passe au club vidéo. Il y a bien longtemps que je n’ai pas revu Alexandre le Bienheureux.

 Hervé Anctil

Tiré de RND Vol. 104, no 6. (Avec autorisation)

 

 

 

 

 

 

 

 

est une comédie tendre et ensoleillée comme un bouquet de marguerites. Ce film nous ramène à l’essentiel alors que nous travaillons comme des mules pour empiler le superflu.
Par Albert Dugas
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Mercredi 12 juillet 2006
Bonjour, dèes mon retour de vacances vers le 18 juillet, je déposerai un nouveau texte. D'ici là, bonne semaine et bonne saison estivale!
Par Albert Dugas
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Vendredi 21 juillet 2006
(Ce texte fait partie des évangiles apocryphes. Je déposes cet article parce que près de chez moi il y un petit sanctuaire à Sainte Anne et c'est la neuvaine. Or Sainte Anne nous est connue par les évangiles apocryphes.)  Bonne lecture!
Tiré de : La clarté intérieure
De : Marc De Smedt
Joseph voyant que l’enfant croissait en âge, voulut qu’il apprît les lettres et il le conduisit à un autre maître. Et ce maître dit à Joseph : " Je lui enseignerai d’abord les lettres grecques et ensuite les lettres hébraïques. " Le maître connaissait toute l’habileté de l’enfant et il le redoutait; il écrivit l’alphabet, et quand il voulut interroger Jésus, Jésus lui dit : " Si tu es vraiment un maître, dis-moi quelle est la signification de la lettre Alpha, et je te dirai celle de la lettre Bêta. " Le maître irrité le poussa et le frappa à la tête. L’enfant, courroucé de ce traitement, le maudit et, aussitôt, le maître tomba sans vie sur son visage. Et l’enfant revint au logis de Joseph qui en fut très affligé, et dit à la mère de Jésus : " Ne le laisse pas franchir la porte de la maison, car tous ceux qui provoquent sa colère sont frappés de mort. "
Et, quelque temps après un autre maître, qui était parent et ami de Joseph, lui dit : " Conduis cet enfant à mon école : peut-être réussirai-je mieux à lui enseigner les lettres, en n’usant que de bons traitements à son égard. " Et Joseph lui dit : " Prends-le avec toi, frère, si tu l’oses. " Et il le prit avec lui avec crainte et regret; l’enfant allait avec allégresse. Et entrant avec assurance dans l’école, il trouva un livre qui était par terre, et le prenant, il ne lisait pas ce qui était écrit; mais, ouvrant la bouche, il parlait d’après l’inspiration de l’Esprit-Saint, et il expliquait la loi aux assistants. Et une grande foule l’entourait, et tous étaient dans l’admiration de sa science et de ce qu’un enfant s’exprimait de cette façon. Joseph, apprenant cela, fut effrayé, et il courut à l’école, craignant que le maître fût sans instruction. Et le maître dit à Joseph : " Tu vois, mon frère, que j’avais pris cet enfant pour disciple, mais il est plein de grâce et d’une extrême sagesse; je t’en prie, mon frère, ramène-le dans ta maison. " Quand l’enfant l’entendit, il sourit et dit : " Parce que tu as bien parlé et que as rendu bon témoignage, celui qui a été frappé sera guéri à cause de toi. " Et aussitôt l’autre maître fut guéri. Et Joseph prit l’enfant et alla dans sa maison.
Évangile de pseudo-Thomas (Chapitres XIV et XV)
 
 
 
Ce texte où l’on voit l’enfant Dieu tuer puis ressusciter son maître est intéressant à double titre : d’abord parce que l’on y voit la façon dont s’élabore un mythe, et puis par le côté à la fois capricieux et jupitérien qui correspond bien au personnage. Si le Christ était doué de pouvoirs surnaturels, ce que les Évangiles attestent, il semble logique à la ferveur populaire que durant ses jeunes années il les emploie à la façon d’un enfant, de façon excessive, voire brouillonne, comme souvent les surdouées. Quand à l’origine de ce texte, voici ce que nous en savons par l’historien Pierre Crepon (Voir Les Évangiles apocryphes, Retz) : " Cet apocryphe fait partie d’un ensemble de récits qui relatent les exploits merveilleux de Jésus pendant son enfance. Un certain nombre de ces textes, d’époque, de langue, de lieu et de contenu différents, nous sont parvenus et c’est grâce à un savant du début du siècle. P. Peeters (dans une étude parue dans le tome II des Évangiles apocryphes de la collection Hemmer et Lejay), que l’histoire passablement embrouillée de ces compositions a reçu une solution satisfaisante.
Il apparaît ainsi que toutes les narrations relatives aux épisodes de la première jeunesse de Jésus proviennent d’un livre unique, sans doute antérieur au Ve siècle, et regroupant peut-être des traditions plus anciennes. De cet ouvrage dérive d’une part l’Évangile du pseudo-Thomas, ou Livre de Thomas l’Israélite, philosophe, dont il existe des rédactions syriaque, grecque, latine, géorgienne et slavonne. D’autre part l’ouvrage original s’est combiné au Protévangile de Jacques pour former un long roman qui a lui-même engendré deux amplifications. La première, introduite en Arménie à la fin du VIe siècle, est devenue le livre arménien de l’enfance, la seconde a donné un peu plus tard l’Évangile arabe de l’enfance où se trouve incorporée une série de miracles de la Vierge. "
L’Évangile du pseudo-Thomas – qu’il ne faut donc pas confondre avec l’Évangile gnostique selon Thomas… - est un bon exemple de toute cette littérature concernant l’enfance du Sauveur.
Il y a un texte intéressant sur l'évangile de Judas sur ce site:
Par Albert Dugas
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Jeudi 14 septembre 2006
DES DIEUX, DES TOMBEAUX, DES SAVANTS
 
Par C.W. Ceram
 
 
 
George Smith trouva les parties manquantes de l’épopée de Gilgamès.
 
(La légende héroïque de Gilgamesh qui, avec ami Enkidu, sauvage non civilisé, a d’abord recherché et conquis la gloire. Mais, devant le cadavre d’Enkidu, Gilgamesh comprend tout à coup que rien n’a de valeur si la mort doit tout arracher un jour. Alors il repart et au prix d’efforts surhumains, il recherche l’immortalité, mais près du but, il échoue.)
 
 
 
Il rapporta 384 tablettes contenant entre autres la suite de l’histoire d’Ut-napishti qui le passionnait tellement. C’était le récit du Déluge. Non pas d’un cataclysme comme on en trouve dans la mythologie primitive de presque tous les peuples, mais du Déluge proprement dit, celui dont la Bible parla beaucoup plus tard. Ut-napishti, c’était Noé! Et voici le texte dont il s’agit (Ea, dieu de clémence, avait révélé en rêve à son dieux et Ut-napishti construisit une arche) :
« Tout ce que je possédais, je l’emportai, j’embarquai dans l’arche tout le fruit de mon travail; ma famille et tous mes parents, les animaux des champs, le bétail des près, les ouvriers habiles, je les fis tous entrer.
Je montai dans l’arche et fermai la porte…
Quand brilla le matin suivant, un nuage noir grossit au loin, à l’horizon…
Soudain la lumière du jour se transforme en nuit, le frère ne vois plus son frère, le peuple du ciel ne se reconnaît plus.
Les dieux étaient remplis de crainte du déluge, ils s’enfuirent et se réfugièrent dans le ciel d’Anou, les dieux se tapirent, comme des chiens, contre le mur et restèrent immobiles…
Pendant six jours et six nuits les flots s’enflèrent et l’ouragan fit rage sur la terre.
Quand parut le septième jour, la tempête s’apaisa, qui s’était déchaînée comme une horde guerrière; les vagues s’adoucirent, le vent tomba, le flot cessa de monter.
Je regardaI les eaux, leur mugissement s’était tu, tous les hommes changés en limon!
La vase avait atteint le hauteur des toits!...
Je cherchai des yeux la terre, à l’horizon de la mer, loin, très loin, une île apparut.
 
 
L’embarcation vogua jusqu’au mont de Nissir, au mont Nissir elle échoua et resta comme ancrée…
Quand parut le septième jour, j’envoyai une colombe, je la laissai partir, elle s’envola et revint, ma colombe, elle revint parce qu’elle ne savait pas où se poser.
J’envoyai une hirondelle, je lui laissai la liberté, elle s’envola et revint, mon hirondelle, elle revint parce qu’elle ne savait où se poser. 
J’envoyai un corbeau, je lui laissai la liberté, il s’envola le corbeau, il vit que le miroir des eaux baissait; il mange, il vole de-ci de-là, il croasse et ne revient plus.»
 
Pouvait-on douter encore d’avoir trouvé la forme primitive de la légende biblique? Non seulement les faits présentent dans l’ensemble une similitude frappante, mais l’on trouve des détails qui reparaissent dans la Bible, par exemple la colombe et le corbeau de l’arche de Noé.
 
Ce fragment de l’épopée de Gilgamès posait une question bouleversante pour l’époque : la vérité de la Bible ne serait-elle point la plus ancienne vérité?
 
Une fois de plus les fouilles avaient permis de franchir d’un bond plusieurs siècles. Mais voici que maintenant de nouvelles perspectives s’ouvraient : l’histoire d’Ut-napishti n’était-elle que la confirmation de la Bible par une légende plus ancienne? N’avait-on pas tenu jusqu’alors pour légendes tout ce que la Bible avait dit de ce pays si étrange et si riche? Et n’avait-on pas découvert que toutes ces légendes contenaient un fonds de vérité?
 
Dès lors l’histoire du Déluge ne serait-elle donc pas une simple légende?
 
Si l’on adoptait cette hypothèse, jusqu’à quelle époque remontant donc l’histoire de la Mésopotamie?
 
Le mur impénétrable au-delà duquel l’histoire se perdait dans les limbes pouvait bien, désormais, n’être qu’un rideau qui se lèverait bientôt sur une scène plus ancienne encore.
AD/pv
Par Albert Dugas
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Mardi 9 janvier 2007
Voici la deuxième partie de Évangéliser les baptisés. Bonne lecture.
 
L’évangélisation est vaste et complexe. Elle contient plusieurs éléments qu’il importe de distinguer.
 
En premier lieu, par évangélisation nous devons comprendre toute l’activité de l’Église. Chaque activité de l’Église est une évangélisation qui proclame, qui célèbre et qui vit le mystère de la Bonne Nouvelle de Dieu dans le monde.
 
Une manière systématique de répartir le travail évangélisateur de l’Église serait la suivante :
 
 
 
                           Prophétique : La Parole proclamée :
                           L’annonce verbale de la Bonne Nouvelle
L’ÉVAN-            Sacerdotale :  La Parole célébrée :
GÉLISA-            La liturgie, mémorial de l’œuvre du salut.
TION                  Royale :           La Parole vécue :
                           L’instauration du Royaume de Dieu dans le monde.
 
 
Ces trois attributs de l’évangélisation sont intimement unis. Ils sont inséparables et sont nécessaires l’un à l’autre. Ils sont comme un trépied où chaque pied soutient les deux autres. En cette étude, nous nous limiterons à ne traiter que de l’évangélisation prophétique qui annonce, avec des paroles efficaces et avec le témoignage de la vie, l’œuvre du salut réalisée par le Christ Jésus.
 
 
Or voilà : dans le processus intégral de l’évangélisation prophétique, nous pouvons distinguer deux moments successifs qui, bien que complémentaires et interdépendants, sont aussi distincts :
 
A – La première annonce de l’Évangile : le Kérygme.
 
B – L’enseignement progressif de la foi : la Catéchèse.
 
 
 
L’Évangélisation prophétique
 
 
La Proclamation kérygmatique :
La première annonce du message chrétien.
 
 
La Catéchèse :
L’enseignement progressif de la foi.
 
 
 
Entre le Kérygme et la Catéchèse, il existe de profondes relations mais en même temps des différences logiques qu’il importe de distinguer.
 
Si le Kérygme est le son fort de la cloche, la Catéchèse en est la résonance dans le temps et l’espace. Toute cloche a un son propre et la résonance est dans le même ton. C’est ainsi que la Catéchèse est la résonance de l’annonce kérygmatique. Elle n’est pas une doctrine froide ou un simple enseignement théorique mais l’extension et la plénitude de la Vie Nouvelle donnée par Jésus.  La vie nous est donnée grâce à la foi avec laquelle nous répondons à l’annonce kérygmatique, mais la vie abondante arrive à sa plénitude grâce à la Catéchèse vécue dans la foi. C’est pourquoi la ligne qui sépare le Kérygme de la Catéchèse est pointillée et non continue.
 
 
La Catéchèse n’inclut pas ni ne supplante le Kérygme. Elle le présuppose. On édifie sur le roc solide d’un Kérygme qui a atteint vraiment son objectif : naître de nouveau.
 
Le fondement irremplaçable du christianisme est le Christ. On commence par la rencontre avec Lui et on continue cette relation personnelle moyennant la foi et la conversion. Sans ce point de départ, tout ce que l’on bâtit dessus, que ce soit la catéchèse, la morale, la théologie ou n’importe quel engagement apostolique ou social, sera construit comme sur le sable.
 
Notre grande erreur pédagogique dans la pastorale de l’évangélisation est que nous « catholicisons » d’abord avant de christianiser. En d’autres mots, nous offrons en premier lieu l’enseignement et la catéchèse aux fidèles sur toutes les vérités de l’Église catholique. Notre préoccupation s’est concentrée sur la transmission d’une saine doctrine orthodoxe. On a voulu former des saints et de savants chrétiens et, pour y arriver, on leur a communiqué tous les éléments et les enseignements nécessaires… On a cependant oublié le principe fondamental que Jésus enseigna à Nicodème : d’abord il faut naître de nouveau ! L’essentiel n’est pas d’être « maîtres en Isarël » mais de recevoir et de vivre la Bonne Nouvelle du salut qu’apporta Jésus.
 
Pour qu’une vie croisse, il faut d’abord qu’elle naisse. Nous ne pouvons pas croître dans la foi si d’abord nous ne sommes pas nés en elle, autrement dit, si nous n’avons pas eu une expérience de ce qu’est la Vie Nouvelle qui vient de Jésus.
 
Le Kérygme a précisément cette finalité : moyennant la présentation de Jésus mort, ressuscité et glorifié, avoir une expérience de Vie Nouvelle grâce à la foi et la conversion, et expérimenter que Jésus est vivant en nous comme Sauveur personnel, comme Seigneur de toute la vie et comme Messie que nous donne l’Esprit Saint.
 
Mais, malheureusement, dans l’évangélisation du peuple de Dieu, on a souvent cru avoir franchi toutes les étapes de la proclamation kérygmatique. Ainsi on commence, on continue et on termine en exposant des vérités, des lois divines et des dogmes chrétiens à qui n’a jamais connu Jésus comme « Sauveur », ni proclamé comme « Seigneur » de toute sa vie, ne expérimenté comme « Messie ».
 
 
 
 
Certaines cultures indigènes du Mexique avaient des coutumes étranges. Par exemple, on plaçait de la nourriture à l’intérieur des tombeaux comme si le défunt pouvait avoir faim. L’arrivée de l’Évangile mit fin à cette absurdité.
 
Cependant, peut-être les évangélisateurs d’il y a quatre cent cinquante ans se moqueraient-ils de nous qui sommes en train de placer le riche aliment de la doctrine et de la morale chrétienne près des cadavres qui n’ont pas la vie en Jésus.
 
Nous sommes en train de donner des aliments à des morts. Or les morts n’ont pas besoin d’aliments ; ils ont besoin de ressusciter et ce ne sera que lorsqu’ils seront vivants qu’on leur donnera la nourriture et les vitamines pour les nourrir et les fortifier.
 
Voilà le principe fondamental de toute évangélisation. Nous ne pouvons pas remplacer par une catéchèse ce qui est avant tout une expérience de Vie Nouvelle. La Catéchèse, pour donner un fruit qui demeure, doit occuper sa place : toujours après l’annonce kérygmatique.
 
Le kérygme est le fondement de la construction. La Catéchèse ne remplace ni ne précède le kérygme lequel est vie avant tout. Après, et seulement après, viendra tout le reste. La vraie évangélisation commence avec le Kérygme qui est une Vie Nouvelle, expérience de foi. Bonne Nouvelle et puissance de l’Esprit. Le premier est le premier.
 
Aujourd’hui, plus que jamais, l’Église a besoin de cette nouvelle Pentecôte pour manifester avec clarté et puissance la vie abondante que le Christ est venu donner à notre monde.
 
 
 
 
 
 
Par Albert Dugas
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