Spiritualité

Lundi 17 juillet 2006
 
La communauté ecclésiale, tout en ayant toujours une dimension universelle, trouve son expression la plus immédiate et la plus visible dans la paroisse. C’est là qu’au plan local, on peut voir l’Église. En un sens, la paroisse est l’Église vivante au milieu des foyers de ses fils et de ses filles.
Il est nécessaire qu’à la lumière de la foi, toutes et tous redécouvrent la vraie signification de la paroisse comme le lieu où le mystère authentique de l’Église est présent et à l’œuvre, même si elle est parfois dispersée sur de vastes étendues de territoire ou pratiquement indiscernable parmi les quartiers populeux et chaotiques des villes modernes. La paroisse n’est pas d’abord une structure, un territoire ou un édifice, mais bien plutôt " la famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme ".
En mots clairs et simples, la paroisse se fonde sur une réalité théologique puisqu’elle est une communauté eucharistique. Car la paroisse est une communauté qui convient parfaitement pour célébrer l’eucharistie, source vivante de son édification et engagement à demeurer en peine communion avec toute l’Église. Cette adéquation s’enracine dans le fait que la paroisse est une communauté de foi, une communauté organique, constituée des ministres ordonnés et d’autres chrétiens, dans laquelle le pasteur – qui représente l’évêque diocésain – constitue le lien hiérarchique avec l’ensemble de l’Église particulière.
Dans les conditions présentes, les laïcs peuvent faire beaucoup dans leur paroisse pour réveiller le zèle missionnaire envers les non-croyants et même les croyants qui ont abandonné la foi ou qui ont une vie chrétienne relâchée.
Puisque la paroisse est sans contredit l’Église localisée dans les divers quartiers de l’humanité, elle vit et œuvre en s’insérant profondément dans la société humaine et en communiant intimement à ses aspirations et à ses événements dramatiques. Des facteurs de désintégration et de déshumanisation viennent souvent secouer le contexte social, surtout dans certains pays et dans certains milieux. L’individu se sent alors perdu et désorienté, mais le cœur de l’être humain garde toujours le désir de faire l’expérience de la bienveillance et des relations personnelles et de les nourrir.
La paroisse peut répondre à ce désir si la participation des fidèles laïcs, elle adhère à sa vocation première et à sa mission fondamentale d’être un espace dans le monde où la communauté des croyants peut se rassembler comme signe et instrument de la vocation de toutes et de tous à la communion. En un mot, être une maison où toutes et tous sont bienvenus et un lieu de service ouvert à toutes et à tous. Ou encore, comme le pape Jean XXIII aimait à le dire, être " la fontaine du village " où toutes et tous viennent étancher leur soif.
Pour surmonter les confits et assurer que les tensions normales ne deviennent pas dommageables pour l’unité de l’Église, nous devons tous avoir recours à la Parole de Dieu. Il nous faut renoncer à nos propres vues subjectives et chercher la vérité là où on doit la trouver : dans la parole divine elle-même et dans l’interprétation authentique qu’en donne l’Église. À cette lumière, nous écouter les uns les autres avec respect, nous abstenir de jugements hâtifs, demeurer patients, éviter de subordonner la foi qui unit aux opinions, modes et choix idéologiques qui divisent : telles sont les caractéristiques du dialogue persévérant, ouvert et sincère qui doit prendre place dans l’Église.
L’Église nous demande d’aller, animés de la puissance de l’Esprit Saint, à la rencontre des personnes qui sont proches et de celles qui sont loin. De partager avec elles la liberté que nous avons trouvée dans le Christ. Les gens sont assoiffés d’une authentique liberté intérieure. Ils aspirent à la vie que le Christ est venu donner en abondance. Le monde du nouveau millénaire est semblable à un champ prêt pour la moissons. Le Christ a besoin d’ouvriers disposés à travailler à sa vigne. Puissions-nous ne pas lui faire défaut. Portons la croix du Christ sur nos épaules. Que nos lèvres prononcent les paroles de vie. Et que dans nos cœurs, nous partagions la grâce salvifique du Seigneur.
 
Tiré de : Jean-Paul II
Le courage de la Paix
Par Albert Dugas
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Mardi 29 août 2006
LE MAL ET L’UNIVERS
 
 
Tiré de : Les minutes étoilées
       De : Maurice Zundel
 
La dignité de l’homme comporte une valeur « infinie » mais vulnérable.
 
Le visage du mal : Le mal implique toujours le mépris ou le viol, réel ou éprouvé comme tel, de la dignité humaine, en autrui ou en soi. Il nous paraît d’autant plus odieux qu’il atteint un être plus désarmé en qui cette dignité éclate à l’état pur, ans rien qui s’y ajoute pour l’annoncer, la mettre en valeur ou la défendre, comme chez un enfant martyrisé par ses parents. Cela suppose, naturellement, que cette dignité peut et doit être reconnue par l’agresseur et que celui-ci, en la méconnaissant, attente du même coup et renonce à sa propre dignité, en acceptant d’avance, plus ou moins consciemment, d’être traité éventuellement comme un objet ainsi qu’il l’a fait à l’égard d’un autre. Il y a toujours, nécessairement, comme premier responsable, derrière le mal ainsi conçu, un être intelligent et en possession de son intelligence, qu’on l’appelle homme, diable ou Dieu. Car seul un être intelligent est capable de mépris. Or, c’est justement ce mépris ou ce viol de la dignité humaine, nous semble-t-il, qui est éprouvé comme le mal absolu. Et non la souffrance physique ou morale comme telle, et non la mort naturelle ou brutale, puisque ces « maux » peuvent être acceptés ou volontairement assumés, en grandissant ceux qui souffrent et en portant, ainsi, leur dignité à son suprême accomplissement.
 
Cette vue du mal n’a de sens, évidemment, que si la dignité humaine est reconnue comme le bien absolu, ou, tout au moins, comme la condition sine qua non d’un suprême bien. Mais, nous l’avons reconnu, la dignité humaine s’identifie avec la qualité d’être origine ou le pouvoir tout au moins de le devenir. Ce qui nous faite entrevoir, immédiatement, que le mal consiste à méconnaître dans l’homme le sujet, à le traiter comme un objet, c’est-à-dire à nier l’humain dans l’homme. Comme d’ailleurs le sujet, en nous, doit se faire et s’accomplir, en émergeant d’une biologie où il se confond effectivement avec un objet, on voit poindre le levier de cette émergence dans l’aimantation vers et la relation toujours plus précise à la divine Pauvreté. Nier dans l’homme le sujet, c’est donc identiquement nier cette ordination divine (cet ordo ad Deum), c’est méconnaître volontairement cet espace d’amour à la racine de l’être où il décolle de la biologie, où il prend son envol par un mouvement autonome, en s’allégeant de soi dans l’autre en qui sa liberté en qui sa liberté gravite. Nier dans l’homme le sujet, c’est donc, finalement, commettre une sorte de sacrilège contre le sanctuaire de la Divinité qu’il est ou qu’il peut devenir, en fermant la porte à Dieu qui n’a d’autre entrée en nous que cet espace d’amour où il pénètre du dedans, ad intus – « à pas de colombe » -, puisque c’est sa Présence justement qui l’engendre, quand elle n’est pas empêchée d’y répandre sa lumière. C’est par là, précisément, que le mal prend le caractère et le nom de péché (La Liberté de la foi, p. 64s)
 
 
 
Notre révolte devant la dignité bafouée traduit notre perception d’une valeur infinie.
 
Aux perspectives si profondes de ce texte, il convient de joindre cette autre réflexion pénétrante. Nous y découvrons une appréciation si positive de notre vocation à la dignité de la personne qu’elle justifie une juste révolte contre tout ce qui la menace.
 
Or, la dignité des personnes se fonde sur leur incommensurabilité (c’est-à-dire leur « irréductibilité à ») avec tout ce que la quantité mesure et le temps dévore, sur l’ouverture mystérieuse qui les ordonne à l’infini, sur leur faculté d’option et leur capacité de don.
 
Fermez cette issue, niez la réalité de Dieu : toutes leurs prétentions ne sont plus que chimères. On va les mettre au pas et les ramener au sens de la terre : l’homme n’est plus qu’un numéro. 
 
Les vertus sont désormais ce qui flatte la multitude obéissant aux suggestions de ses chefs. Une idole règne sur la Cité, et sa forme est la haine : haine des autres partis, des autres races, des autres classes, des autres peuples. Et pourtant, dans toutes les nations, en ces millions d’individus qui semblent coagulés en masses homogènes, il y a, autant de fois que se répète l’unité, le mystère insondable d’une âme, investie d’une vocation unique, chargée de révéler un trait encore inaperçu du visage de Dieu.
 
Comment ne pas crier de douleur devant ce gâchis monstrueux de la vie, devant cette faillite – dont l’homme est seul responsable – du plan d’amour inscrit en nos consciences?
Qui se lèvera pour fonder le parti de la Vie?
 
Mais c’est dans ton cœur qu’il doit être fondé, dans ton cœur qu’il faut construire la paix.
 
Alors, où que tu ailles, ton amour affirmera le droit inviolable de la vie, dans le sacre de la personne rendue à son ordination divine.
 
Comment les chrétiens ont-ils pu oublier la valeur de la vie, eux qui lisent chaque matin ces mots brûlants de l’immense poème johannique : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jn 1,4) ?
 
Il faut dans ces heures obscures, où la moindre blessure d’amour-propre imprudemment infligée pourrait susciter des catastrophes irréparables, prendre conscience de ce que nous voulons sauver et nous agenouiller en esprit devant ces possibilités divines encloses en toute âme, pour les faire éclore en la grâce du Christ, prenant la vie pour lumière afin de vaincre par amour.
 
« Au fond, je n’aime que la vie », écrivait Nietzsche. L’aimerons-nous moins que lui, nous qui sommes nourris de la divine parole : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient débordante »?
(Recherche de la personne, p. 235s).
 
Plus le mal est atroce, plus la dignité humaine est bafouée, plus la révolte gronde dans notre indignation contre l’agresseur, plus aussi le vrai Dieu nous attend, caché dans cette révolte même, puisque, de cette dignité, il est l’unique caution, comme elle n’est absolue qu’en raison de la dimension divine qui la constitue dans la relation qu’elle est. Le mal, en effet, suppose toujours et révèle, en ceux, la valeur à laquelle il s’oppose et se mesure à son échelle.
 
Le mal absolu, qu’il faut distinguer du malheur, le seul vrai mal pour l’homme est de se dégrader au rang d’objet, en refusant d’être le sujet, l’origine, le créateur qu’il est appelé à devenir.
 
Tous les autres maux ne sont tels, aussi bien, que dans la mesure où ils constituent une menace pour la dignité humaine, étant tous de soi ordonnables au bien, qui est cette dignité même dont Dieu est le sacre. Il ne faut pourtant pas laisser de les combattre sans répit, car, s’ils ne sont pas assumés en pleine liberté, ils constitueront une épreuve intolérable qui exposera cette dignité à se renier et à tomber du malheur dans le mal, qui est le suprême malheur. (La liberté de la foi, p. 66).
 
 
L’homme est un être capable de « décrocher de soi » en se donnant à plus que lui-même.
 
Tout vivant est un équilibre fragile, tout vivant doit emprunter pour subsister, emprunter à la nature, emprunter à l’atmosphère, emprunter aux autres vivants; tout vivant ne subsiste que dans un perpétuel combat. Et ce combat suppose nécessairement, pour être poursuivi, un attachement radical à soi-même. Il n’y a qu’à voir comment une araignée se défend : une araignée se défend! Une mouche se défend! Un papillon se défend! Un ver se défend pour échapper à la mort! Chaque vivant veut subsister, chaque vivant est accroché à soi parce qu’il ne pourrait pas subsister sans ce combat, que ce combat ne pourrait pas se poursuivre sans cet attachement à soi.
 
Et chez nous, qui sommes des vivants, cet attachement à soi éprouve nécessairement le besoin de se justifier, de se donner des raisons, et il devient inévitablement, cet attachement à soi, une estime de soi, une admiration de soi, un culte de soi.
 
Et, comme chacun fait de même, comme chacun, à sa manière, se place au centre de tout, la compétition ne cesse pas, l’émulation, la jalousie, la rivalité, la médisance, les calomnies, et toute cette lutte souterraine qui ne cesse pas d’empoisonner la vie.
 
Alors que faire si nous ne pouvons pas vivre sous-estimés? Si nous ne pouvons pas vivre sans croire à une valeur qui est en nous? Que faire si nous devons continuer la lutte, si nous devons échapper au suicide? Il faut bien que nous continuions à nous donner des raisons de vivre, et donc à nous estimer, à croire à la valeur de notre vie?
 
 
Et pourtant, notre vie, qu’est-elle sinon presque toujours simplement ce vouloir vivre animal qui porte la vie des bêtes, et qu’est-ce que notre personnalité prétendue, sinon le poids de tous les instincts, de tous les déterminismes dont nous sommes le carrefour?
 
C’est ici que le Christ vient à notre rencontre. Le Christ, d’une manière si étonnante, si paradoxale, le Christ vient nous apprendre la passion de l’homme, enfin, celle qui Le meut, lui. Sinon, qui croit en l’homme, qui y croit infiniment, qui y croit jusqu’à donner Sa vie, qui y croit jusqu’à la mort de la croix? Qu’est-ce que le Christ veut sauver dans l’homme sinon la dignité? La grandeur de l’homme? Devant quoi est-il à genoux au lavement des pieds sinon devant la grandeur et la dignité humaines? Pourquoi meurt-il, après cette effroyable agonie, sinon pour faire contrepoids à tout ce qui empêche l’homme d’atteindre jusqu’à lui-même et de réaliser sa grandeur et sa dignité (Vie, mort, résurrection, p. 26s)?
 
 
Le vrai Dieu attend la naissance d’un monde nouveau et celle-ci passe par nous!
 
Quelle est la véritable difficulté qui se pose aujourd’hui pour tant d’esprit à la reconnaissance d’un Dieu? C’est que nous avons fait de Dieu couramment – et l’humanité l’a toujours fait – une explication du monde tel qu’il est, en supposant que le monde, tel qu’il est, ait été voulu par Dieu, conduit par lui et dont il porte par conséquent la responsabilité.
 
Mais Jésus, justement, nous conduit à la rencontre d’un Dieu qui est la clé d’un monde qui n’est pas encore (Vie, mort, résurrection, p.33).
 
Jésus dira à Nicodème – cette nuit fameuse où Nicodème est venu le trouver pour lui demander les secrets du Royaume - , il lui dira ce mot étonnait, décisif et inépuisable : « Il faut naître de nouveau, personne ne peut voir le Royaume de Dieu s’il ne naît de nouveau » (Jn 3,3).
 
Il s’agit donc bien d’un commencement tout neuf, il s’agit bien d’un nouvel univers en dehors duquel le vrai Dieu ne saurait point se situer. Il faut donc – en face de l’univers – naître de nouveau, comme nous le dira l’apôtre saint Paul : « Toute la création, le cou tendu, attend la révélation de la gloire des fils de Dieu, car elle a été soumise à la vanité, malgré elle, par l’homme qui l’a soumise, et elle attend dans les gémissements elle attend dans les douleurs de l’enfantement, d’être délivrée de la corruption pour participer à la gloire des fils de Dieu » (Rm 8,19-23). Là encore, il est parfaitement clair que, pour l’apôtre, le monde tel qu’il est n’est pas le monde authentique, que dans ce monde tel qu’il est, Dieu ne peut pas se situer, nous en attendons un autre, mais qui, justement, ne peut pas naître sans notre consentement.
 
Nous pouvons prendre ici une comparaison extrêmement simple : on peut avoir des meubles admirablement ordonnés, on peut avoir de vieilles tapisseries de vieux Gobelins, on peut avoir chez soi un véritable musée avec des valeurs inestimables, ce n’est pas cela qui constitue la vie intérieure du foyer (Vie, mort résurrection, p. 48s).
 
 
Car le monde actuel n’est pas encore entré entièrement dans les relations d’amour offertes par Dieu.
 
C’est dans ce monde, dans ce monde de l’amour, dans ce monde de la gratuité et de la grâce, c’est dans ce monde paradoxal et imprévisible que Dieu se situe et qu’il est immédiatement reconnu. L’ordre du monde est atroce, l’ordre biologique du monde est atroce puisqu’il est un immense carnage où les espèces s’entre-dévorent, et où la vie a toujours pour condition la mort.
 
Mais justement, saint Paul nous a dit que ce n’est pas cela, le vrai monde, qu’un autre monde va surgir, dont l’amour est la clé : comme Il est victime dans celui-ci, comme il est victime partout où il y a des ténèbres, partout où il y a des souffrances, partout où il y a des trahisons, partout où il y a des refus d’amour. Et il ne peut apparaître que là où la vie a une saveur d’origine. Il faut élargir donc, élargir immensément la conception de ce que l’on appelle le péché originel : il est sans cesse perpétré et commis sans cesse!... dès lors que nous refusons d’être origine.
 
Qu’est-ce donc que le péché originel, sinon celui qui livre le monde à l’inertie des forces aveugles, qui le laisse à sa condition d’objet, qui n’arrive pas à découvrir à travers lui la racine de toutes existence qui est l’amour? Toute faute, toute faute finalement, toute faute pleinement voulue, pleinement consciente, toute faute est nécessairement une faute originelle. C’est le refus de nouer le monde à sa source, qui refuse de faire circuler dans l’univers une liberté créatrice, qui refuse de donner au monde un Visage où le nôtre puisse se reconnaître.
 
Et bien sûr que Dieu, le Dieu-Esprit, le Dieu-Vérité, le Dieu-Pauvre, le Dieu-Amour, le Dieu qui nous appelle à naître de nouveau, ne peut que s’offrir, que s’offrir toujours à nouveau, que s’offrir sans fin, que s’offrir éternellement. Mais il ne peut pas accomplir le pas que nous avons à faire. Il ne peut pas se substituer à notre liberté! Ce serait tuer en nous la dignité de créateur. C’est impensable et impossible!
 
C’est pourquoi tout est en sursis, le monde est en sursis, l’humanité est en sursis, et le Royaume de Dieu est dans une attente infinie au cœur de Dieu et de tous ceux qui l’aiment.
 
C’est le contraire, exactement le contraire de ce qu’imaginait Marx, selon lequel être une créature, c’est dépendre, c’est être tout entier le produit d’un autre, c’est être découronné de tout initiative, c’est être nécessairement réduit à la servitude, à l’esclavage, à la condition de chose et d’objet.
 
Dans la perspective de la nouvelle naissance, c’est tout le contraire! À partir du texte de l’apôtre saint Paul qui nous montre ce monde avorté, ce monde caricatural, ce monde désespéré, ce monde qui gémit dans les douleurs de l’enfantement.
 
C’est le contraire!... C’est Dieu qui s’expose, qui se livre à ce péril formidable qui est symbolisé par la croix de Jésus. La création est un risque infini du côté de Dieu parce que, justement, Dieu-Esprit, Dieu-Vérité, ne peut se situer, ne peut être rencontré et reconnu que dans un monde dont la vraie dimension est la générosité et l’amour. Et que, faute de ce consentement, la création demeure en friches, la création n’est qu’un chantier, où rien n’est achevé, la création n’est que l’attente tragique d’un monde qui n’est pas encore.
 
C’est justement par là que tout se renverse et qu’un monde essentiellement nouveau se révèle et se constitue : il s’agit justement de sauver Dieu de nous-mêmes.
 
Ce n’est pas Dieu qui est une menace, ce n’est pas Dieu qui est une limite pour nous, puisqu’il ne se révèle authentiquement que comme l’Amour qui attend, qui suscite une liberté infinie, et qui ne peut s’enraciner dans l’univers et dans l’humanité qu’à travers cet Amour…
 
Vous vous rappelez, lorsque nous méditions sur le livre de Job, nous disions, justement, que nous trouvions que Job anticipait sur l’avenir, qu’il étouffait dans le monde où sa tradition le saluait, où sa tradition enfermait son Dieu, en en faisant une caricature. Et Job, à son insu, aspirait vers un autre monde, c’est-à-dire qu’il aspirait vers un autre Dieu, un Dieu innocent, un Dieu de justice, un Dieu de vérité, un Dieu qui cessât de l’écraser, un Dieu qu’il pourrait aimer dans un oui nuptial…
 
Un homme d’aujourd’hui sera donc toujours un homme qui devra se créer lui-même, car, à n’importe quelle époque, il ne deviendra un homme que s’il devient la source et l’origine d’un monde issu de lui… et qui ne peut surgir que de son amour.
 
Retenons la comparaison de cet ameublement magnifique qui constitue la maison matérielle, et quel enfer peut être cette maison si tout cela, si cette organisation matérielle n’est pas vivifiée et transfigurée par l’amour. Dieu est la clé d’un monde qui n’existe pas encore. Dès qu’on veut le situer dans un monde tout fait, dans un monde préfabriqué, dans un monde d’automatismes objectifs, on est sûr d’aboutir à l’insoluble et insurmontable contradiction (Vie, mort, résurrection, p. 52-55).
 
 
III. La découverte du vrai Dieu comme la valeur infinie présente et atteinte en toute souffrance : Dieu est fragile et toujours victime du mal.
 
A)     Derrière toute souffrance, c’est toujours Dieu qui souffre, et c’est parce qu’il y a en nous une sensibilité à « l’infini » que nous nous révoltons devant l’infini profané dans les êtres qui souffrent. Nous allons voir cela dans deux grands textes de Maurice Zundel.
 
1) En réalité, plus le mal est atroce, plus il nous scandalise, plus la présence de Dieu s’atteste, car, justement, et c’est ce que la croix va nous apprendre, le mal, le mal des innocents, le mal sous toutes ses formes, le mal de la douleur, le mal de la mort, le mal de la faute, Dieu en est la première victime. Et c’est justement parce que Dieu est victime du mal, que le mal a un visage effrayant.
AD/pv
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Par Albert Dugas
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Vendredi 6 octobre 2006
Les textes suivants sont tirés de : Ryuho Okawa, The Starting Point of Happiness.
Ryuho Okawa is the head of the Institute for Research in Human Happiness, on of the most influential religious organisations in Japan.
 
Je déposerai un premier texte. Au début vous trouverez un bref résumé de l’article.
Les titres :
  • 1. An Encounter with God.
  • 2. Be Pure in Heart.
  • 3. Fighting the Desire to Assert the Ego.
  1. Résumé : Dans ce chapitre l’auteur parle de la foi. Un thème important est celui de la rencontre avec Dieu. Cette rencontre est l’ultime moment, le moment le plus sacré de notre vie. C’est parfois dans les moments difficiles, des moments d’échecs que la rencontre se fait. C’est le moment du questionnement sur le pourquoi de la souffrance. Dans le Bouddhism, la souffrance est le chemin vers l’illumination. La vie nous offre plein d’opportunités de rencontrer Dieu, mais beaucoup ne sont pas assez à l’écoute pour percevoir ces moments.
 
1. An Encounter with God
In this chapter, I would like to talk about faith. An important theme in any discussion on faith is an encounter with God. This encounter is the most solemn moment, the holiest moment of your life.
From the time you were a small child, you probably came across religious objects such as statues of Jesus on the cross or statues of Buddha. Up to now, you may have thought that religion dealt with what exists outside you, outside your window, outside the curtains.
However, at some point in our lives, we are all given the chance to encounter God. It may be thought the experience of failure or a major setback; the clue may be a serious illness, disappointment in finding a job or in love, or perhaps a marriage that ends in divorce. All these experiences may seem setbacks on the journey of life, in the process of refining ourselves, but these are also the moments that allow us to reflect deeply, the moments when we turn to God.
Difficulties and problems, failures and setbacks are usually seen as negative. But it is not entirely right to see them in this way. In failure, you find also the seeds of success; in sorrow, the seeds of joy. I really think it is important to look at these apparent setbacks in a different way.
People who simplistically see the world from a perspective of duality-in other words, people who judge situations to be gook or bad-would probably say: "If God exists, why is the world so full of distress and sorrow?" They wonder why there is so much misery and hardship in people’s lives, why they have to experience the pain of facing death, of separation from loved ones, or of poverty.
Life is full of pain and sorrow, but these do not exist for their own sake. In fact, what appears to be pain or sorrow is often an expression of God’s love in disguise. In Buddhism, sufferings in life are sometimes described as the expedient measures to lead people to enlightenment. Trials are like a whetstone that polishes our souls, and through our trials an encounter with God awaits.
 
 
If everything went smoothly and you had no serious problems in your life-if, as a child, you grew up healthy, did well at school, graduated from a reasonably good university, found a respectable job, married happily and enjoyed a good family life, then grew old and eventually died peacefully – you would probably have little chance of experiencing the ultimate encounter. However, in reality, at some point in life, everybody experiences failure of some kind, and everybody experiences sleepless nights. You probably lost your appetite after a painful experience, or spent sleepless nights in pain or in a state of anxiety.
The question, then, is how you see life’s difficulties, how you assess them, and how you react to them. Faced with manifestation of evil? Do you curse the world, heaven, and other people, or car you perceive in difficulties the prompting to become a better person? Can you see them as an expression of the love of God? These are two different ways of seeing the same circumstances.
You may have experienced pain or sorrow, as well as unexpected success. At a time when you least expected it, you may have had the joy of meeting your future spouse, or perhaps after a long period of unfulfilled hope, you experienced the delight of the arrival of a baby. After you had almost given up hope of being promoted in your job, you may have had the pleasant surprise of being chosen for a top position. These unexpected and almost unbelievable successes also bring with them the chance to encounter God, for in such moments of joy, we want to express our gratitude to the power that has brought us success.
Life is full of opportunities to encounter God, but many people are not sensitive enough to notice these moments. It is my sincere wish that in times of both suffering and joy, you will have the good fortune to encounter Him. This is your first step to a higher perspective on life.
 
Par Albert Dugas
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Mardi 10 octobre 2006
 
Résumé: L’auteur cite le passage du sermon sur la montagne : "Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu." (Mt 5 :8) Cela semble simple, mais le message est important. Je vous incite (toujours l’auteur) à bien réfléchir sur vos pensées, vous pouvez enlever les impuretés de votre âme. Lorsque vous aurez fait cela, vous serez en mesure de communiquer avec votre gardien ou votre guide spirituel. En faisant l’effort de vivre avec un cœur pur , vous pourrez arriver à faire l’expérience de l’existence de Dieu.
THE STARTING POINT OF HAPPINESS
Ryuho Okawa
The Starting Point of Faith
2. Be Pure in Heart
You may wonder how it is possible to encounter the supreme consciousness through the various experiences of your life. In the Bible, there is a sentence from the Sermon on the Mount that clearly explains the way to encounter God: " Blessed are the pure in heart, for they shall see God." (Matt. 5:8) This phrase has long been a source of comfort to Christians. For two thousand years they have believed these words of Jesus Christ, and made an effort to be pure in heart, so that they might indeed see God.
"Blessed are the pure in heart, for they shall see God." This is very simple, but it is such an important message. I am teaching that by reflecting on your thoughts and making them pure, you can remove the impurities that overshadow your soul. Then you will be filled with the light of heaven, and you can attune yourself to the vibrations of the heavenly world. When you can do this, you will be able to communicate with your guardian and guiding spirits. This method is absolutely correct, and the state of mind you will experience as a result of this practice was actually taught by Jesus Christ two thousand years ago in Israel.
 
"Blessed are the pure in heart, for they shall see God." Jesus was right. At the Institute, I teach self-reflective meditation to achieve this same goal. How can we become pure in heart? By bringing wrong thoughts back on track. If you have thoughts that would not please Him, you should reflect on and correct them; if you have done something wrong, ask forgiveness and feel truly sorry for your wrongdoing.
Human beings are prone to making errors and mistakes, but this does not give us the excuse to do nothing, for fear of making mistakes. Because we are apt to make mistakes, we should seek a right way of living through self-reflection, and with the aid of prayer we should try to correct our wrong thoughts and deeds. As you make an effort to live in the right way, remember Jesus’ words: "Blessed are the pure in heart, for they shall see God."
In today’s world, many people seem to be living in accordance with their personal views of life. I wonder how many can see the value of being pure in heart. I guess not even one in a hundred. If you were to ask people in the street: "Are you making an effort to live with a pure heart?" it is very unlikely that you would hear any of them answer "yes." On a Sunday, if you were to stop a Chirstian on their way home from church, the probability might be higher, but once back into everyday life, it is easy to forget this ideal.
I encourage you to be pure in heart, and to refine your mind. As you make an effort to live with a pure heart, you may have mysterious experiences, and come to feel the existence of God. You may witness miracles.
 AD/pv
Par Albert Dugas
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Dimanche 15 octobre 2006
Résumé:
Comme membre de IRH, votre but ultime est de devenir "Bosatsu", ou ange de lumière. Il est certain que cela est une source de motivation et vous motive à avancer pas à pas, mais il y a là un danger qui vous guette. Plus vous avancez, plus grande sera votre responsabilité et votre conduite doit en être une d’humilité. Le danger est le désir de paraître meilleur que ce que vous êtes, de montrer combien merveilleux vous êtes. Le vrai chemin de vie basé sur la Vérité est de semer, de planter. Là où vous aurez semé, les fleurs fleuriront. Il se peut que vous ne les verrez pas vous-même. D’autres les verront.
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Fithing the Desire to Assert the Ego
I would like to explore the importance of being pure in heart from yet another angle. As members of IRH, your ultimate goal ought to be to beome Basatsu, or angles of light. It is true that the kind of sel-recognition works to motivate you to climb, step by step, toward a higher objective. However, along the path, there is also the danger that this king of inderstanding could trap an degrade you.
 
In the previous chapiter, I talked about the danger of conceit, for it is the main reason that highly disciplined seekers go astray. If you are receving the appreciation that you feel you deserve, the right attitude as a seeker is to accept that appreciation with humility, and resolve to contunue to make even more effort to improve yourself. However, when people express appreciation for work, some recipenets not only take this appeciation for granted, but expect even more praise. This reaction is typical of those who are conceited – the more they are given, the more they demand.
 
The more important mission, the greatest the responsability you shoulder. The higher your position, the more carefully you should reflect on yourself, and the more humbly you should conduct yourself. In this way, you will be able to achieve great stature. Never be satisfied with small successes. Constantly fight against the desire to excessively assert yourself – the desire to appear better than you really are, or to show others how hard you work, or how wonderful you are.
However, the desire for success is one of the most basic human désires, and aspiring to success in a worty cause is a form of desire. If humanity did not have ambitions to succeed, or aspirations to higher ideals, no civilisation or culture sould have flourished on Earth. However, the desire to attain higher ideals often gives rise to problems asociated with over-assertiveness.
From the perspective of Truth, why is over-assertiveness a problem? It is worthwhile considering this question. The problem of excessive assertiviness is connected to the idea of relative standing. If in your mind you banish others to a lower position, this is because you feel your standing improves. Your delight at assuming a higher position can easily turn into the false pride of looking down on others. However, if the situation were reversed, you would be unhappy because you would have been deprived of your status.
 
If you are preoccupied with your position relative to others, you are a long way from a state of absolute happiness, from total devotion, and faith in God. Not only are you seeing yourself as completely unconnected to other people, but also you are not wishing others happiness. These are basic characteristics of people who have a burning desire to assert their selfish desires. Deep down, they do not want hapiness for others, and they only crave admiration for themselfs. Ultimately, they want to take only crave from others, and they are like spiritual vampires.
 
Giving love is the way to spiritual refinement, so if you are depriving others of love, you are not on the path to enlightement. As seeker, you should plant roses along you path instead of picking blooms that others have sown. To continue this analogy, those who are over-assertive seem to pick all flowers that line the path, to decorate themselves and wear them in their lapels.
 
The right way of living based on Truth is to sow seeds, plant bulbes, and grow flowers where before there was none. Where you have sown seeds and planted bulbes, flowers will bloom after you have passed by. You may not be able to see the flowers yourself, and perhaps only those of the seeker is to keep on sowing seeds and planting bulbes, even if others are unaware of your efforts. There is no desire to assert selfish desores. I would like you to consider whether you are attempting to pick flowers to asorn yourself, or whether you are making an effort to sow seeds for those who will come after.

 (Je devais terminer ici ces articles mais j'en ajouterai un autre qui me semble très intéressant pour conclure cette série.)

Par Albert Dugas
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