Jeudi 15 février 2007
 
Par Jean-Pierre Prévost
Un de mes collègues et amis, fin connaisseur de la Bible, aime dire à propos de ses passages bibliques préférés : "Cette fois-là, le Saint-Esprit était vraiment inspiré!" Je crois que ce n’est pas faire injure à la Bible ni au Saint-Esprit que de reconnaître que certains livres et certains passages sont, à tout le moins, plus inspirants que d’autres,. On aime mieux entendre " Dieu est amour" que "Le seigneur est guerrier", "Venez, les bénis de mon père" que "Allez-vous en loin de moi, maudits , au feu éternel!, ou encore "e seigneur est mon berger, je ne manque de rien (Psaume22) que "Mon Dieu , mon Dieu , pourquoi m’as-tu abandonné?
(Psaume 21) . Il n’y a pas de mal non plus à avouer qu’on préfère lire l’Exode de Isaïe plutôt que le Lévitique et les nombres, les évangiles plutôt que livre des juges ou des Maccabées, et le Cantique des cantique plutôt qu’un psaume de lamentation.
Le choix n’est pas trop difficile dans ces cas-là. Par contre quand on se met à parcourir l’ensemble de la Bible et à passer d’un livre à l’autre, on reste souvent perplexe devant la diversité des points de vue qui y sont représentés. Qui faut-il croire dans ces cas-là et peut-on réconcilier tous ces points de vue.
Par exemple, pour ce qui est de l’Ancien Testament, comment peut-on réconcilier le " Dieu vit que cela était bon " du premier chapitre de la Genèse avec le "Tout est vanité et poursuite de vent" de Qohéleth?
Faut-il voir la sexualité humaine à la lumière des interdits du Lévitique ou avec le regard admiratif du Cantique ?.
Le Dieu de la Bible est-il vraiment "lent à la colère, riche en miséricorde " ou plutôt juge impitoyable qui poursuit les fils pour les fautes commises par leurs pères? Faut-il choisir entre les promesses de paix énoncées par Isaïe ou l’éloge des guerres menées par Moïse , Josué , les juges et David?
 
Le Nouveau Testament regorge de pages sublimes qui illustrent la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ : les béatitudes et le sermon sur la montagne, les paraboles du bon Samaritain de la Cananéenne, le pardon accordé à la femme adultère , la rencontre Emmaüs, et j’en passe. Mais n’empêche, même là, il y a des pages qui suscitent, c’est le cas de le dire, certains "grincements de dents" : la parabole des vignerons homicides et celle des invités au festin qui se termine par le redoutable "Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus" ou encore l’épisode ou les disciples veulent faire descendre le feu du ciel sur les villages qui ne les ont pas accueillis.
 
Si nous voulons vraiment faire honneur à la Bible, je crois qu’il nous faut poser ces questions … et ne pas présumer trop vite des réponses. Ce que j’aime justement de la Bible, c’est qu’on n’a pas affaire à un discours unique et figé une fois pour toutes.
Les auteurs s’inspirent les uns des autres, oui, mais sans jamais demeurer prisonniers des discours de leurs prédécesseurs. La Bible dialogue avec la Bible et ne peut devenir parole de Dieu pour nous aujourd’hui que si nous entrons, à notre tour, en dialogue avec elle.
 
Par Albert Dugas - Publié dans : a-livre-ouvert
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Samedi 10 février 2007
(Tiré de: Pensées pour les jours ordinaires de Placide Gaboury)
 
Tout en nous est fait pour réaliser une harmonie avec tout le reste. On tend à être uni avec ce qui nous attire et on tend à repousser ce qui empêche cette union. Notre être semble incomplet, comme un appareil électrique qui a besoin d’être branché pour être en opération, pour avoir du sens. Nos poumons ont besoin d’air, notre peau a besoin de soleil, nos cellules ont besoin d’eau et de nourriture, nos muscles ont besoin d’exercice, notre cerveau a besoin de connaissance, nos yeux, de couleurs et de formes, notre nez, notre langue, nos oreilles, d’odeurs, de saveurs et de sons. Enfin, nos mains ont besoin de toucher - et pas seulement les mains, le corps tout entier.
 
Complémentarité des sexes
Nos sexes ont besoin de rencontrer leurs complémentarités. Nous ne sommes pas complet dans nos individus. Nos corps nous séparent. (Même si les amants couchent ensemble, ils dorment seuls.) Et parce que nos corps nous séparent nous tendons à nous rassembler, nous avons besoin des autres pour être complets.
 
La sexualité n’est pas génitalité
Seule la sexualité unit, non le contact génital, où il n’y a que contact, jamais union. La sexualité, c’est l’attrait pour tout ce qui complète notre être – la beauté, la sensualité, les formes, les corps, les esprits, le choc des idées, la fête des sens et de l’âme. C’est tout notre être qui est attiré par ce qui nous paraît beau et bon. La sexualité, c’est la capacité de communication infinie qui sommeille en nous.
Par la sexualité nous sommes branchés sur l’infini, l’absolu, le vaste monde des possibilités. Notre être est un état de soif incessante et inextinguible. Nous ne serons jamais satisfaits par les seuls contacts physiques, par l’accumulation des objets ou des êtres. Le contact, la fusion physique n’est qu’un allumage, une indication, une direction -- un point de départ. L’acte sexuel est comme une île : il ne prend son sens que par la mer qui l’entoure.
 
La beauté du corps renvoie à la beauté de la conscience.
Nous trouvons belles les formes parce que nous sommes beauté. Nous nous reconnaissons dans la beauté des choses. C’est la Conscience qui perçoit la beauté (pas le corps), puisque seule elle peut créer et concevoir l’ordre l’harmonie et les relations pleines de sens entre les choses et les parties de choses. La sexualité renvoie à la Conscience, alors que la génitalité renvoie au corps, manifestation de la Conscience.
 
Nous sommes faits, à la fois de réceptivité et d’activité.
On a besoin des deux pour être complet et créateur. La réceptivité profonde et intérieure doit chez le mâle être développée pour qu’il n’ait plus besoin de retrouver cette même réalité chez la femme. Et de même, la femme doit développer sa capacité d’action extérieure pour n’avoir plus besoin de quêter chez le mâle cette même capacité. Pour dépasser la relation de dépendance, la relation dominant/dominé.
La sexualité exercée par une personne qui n’a pas intégré ces deux principes complémentaires, est faussée : elle cherchera à l’extérieur son bien , elle cherchera a être valorisée par l’autre, au lieu de l’être en elle-même. Elle a encore besoin de béquille, de confirmation.
La sexualité qui exprime l’amour plutôt que la possessivité, n’est possible que s’il y a intégration intérieure et amour de soi, suffisamment pour n’avoir plus besoin de complément extérieur. On cesse d’être une chose toujours en quête de son complément, de ce qui complète. Une fois que l’on est complet, on peut enfin se donner. Seule l’autonomie permet l’amour. Le besoin une fois dépassé ou apaisé par la complète acceptation de soi , l’autre alors est reçu comme un don. Et celui qui reçoit le don ne songe plus à le retenir. C’est une circulation de dons, un échange libre dans la tendresse, dans l’amitié tendre et chaleureuse. La sexualité alors libère chacun au lieu d’emprisonner dans une insatisfaction exaspérée - le niveau de la génitalité.
Par Albert Dugas - Publié dans : Sc. humaines
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Mardi 6 février 2007
(Ce texte est tiré de: Pensées pour les jours ordinaires de Placide Gaboury)
 
" Bien sûr que le sexe peut mener à Dieu ", disent les prêtres catholiques. Mais alors pourquoi ne le pratiquent-ils pas? "Eh bien, répondront-ils, si l’on veut se consacrer totalement à "Dieu", il est préférable de se concentrer toutes ses énergies et de n’avoir aucun autre souci, de garder son cœur libre; aussi est-il alors meilleur de sacrifier le sexe. Comme on dit en anglais, first things first."
C’est affirmer du même coup que tous ceux qui ont une vie sexuelle sont "partagés" entre "Dieu" et leurs amours, qu’ils ne peuvent vraiment pas atteindre "Dieu". Ils arrivent en second. Comme s’il y avait d’un côté le sexe et de l’autre, "Dieu", et qu’il fallait choisir entre l’un et l’autre.
 
Jésus propose un autre choix, cette fois entre Dieu" et Mammon (le dieu araméem de la sécurité, symbolisé par l’argent). Selon lui, ce choix est absolu. Jésus parle de sécurité et d’abandon, deux univers exclusifs. Or, Jésus ne parle pas de sexe, justement, mais de quelque chose de beaucoup plus profond et radical.
 
Car, faut-il le répéter, rien dans notre corps nous empêche d’atteindre à une conscience et à un amour universel, –au bonheur. Le corps n’est pas mauvais, c’est le mental émotif qui a la capacité de séparer ce qui est uni et son séparatisme lui fait ramener toutes chose à lui, coupés de leur source, coupées de leur sens. Son symbole est le cancer.
 
L’égoïsme est né de la peur. Parce que j’ai peur, je m’entoure de choses, d’assurances, de sécurités et je piétine tout ce qui m’empêche d’être "heureux"; ainsi je bâtis mon château fort. Le petit je se prend pour "Dieu". C’est l’égoïsme qui est malade, pas le sexe. L’égoïsme peut se servir de tout, même du sexe, pour se bâtir un faux royaume où toute chose lui est soumise – le monde des dominants et des dominés. Égoïsme et sécurité vont ensemble. Et c’est la recherche de la sécurité que Jésus voyait comme empêchement, alors que le clergé qui aime bien sa sécurité, reste aveugle à cette pierre d’achoppement principale.
 
Oui, le clergé se sent en sécurité, mais à quel prix! Il s’est coupé de son corps, de son émotions, des son cœur, de sa sexualité. (La sécurité n’est possible que par une coupure.) Parce qu’il s’aime pas, il n’aime pas son sexe. Et parce qu’il en a peur, il se retire derrière la sécurité de la continence.
 
Le Divin n’est pas un distributeur de prix d’excellence morale, comme on l’a enseigné. C’est la possibilité d’aimer tout sans limites – à commencer par soi-même. Ce qu’il faut donc sacrifier, me semble-t-il, ce n’est pas son sexe, c’est sa peur. Ce qui doit disparaître, c’est l’ego diviseur et possessif, le mental émotif qui fausse tout ce qu’il touche. Il faut lâcher prise, perdre ses sécurités, apprendre à s’Abandonner. Si quelqu’un s’accepte et ne se met pas en pièces en se jugeant, il verra que le sexe n’est pas à retrancher, mais qu’il est au contraire une des façons de communiquer, de donner et de recevoir, de se dépasse.
 
Certes, d’elle-même, la pulsion sexuelle ne donne pas l’amour. Laissé à elle-même, elle réduit tout l’être à un seul attrait. Aucune chose, aucune situation ne crée en soi l’amour – toute chose doit être rassemblée en un tout par la Conscience, pour retrouver son sens et sa valeur. Le sexe ne fait qu’exprimer un besoin. Pour qu’il y ait amour, il faut que la possessivité soit dépassée (le besoin de sécurité), qu’elle se perd et se réalise dans le don gratuit. C’est la recherche de la sécurité, le besoin d’avoir l’autre de le posséder ou d’en être possédé qui empêche (dans le sexe comme dans toute relation) de mener vers l’Amour complet.
 
Non, le sacrifice du sexe ne mène pas comme tel à "Dieu". C’est l’amour compatissant, le oui à tout ce qui est, qui y mène. C’est le bonheur et la joie qui y mènent – et ils sont impossibles dans la frustration.
 
 
 
Par Albert Dugas - Publié dans : Philosophie
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Mardi 30 janvier 2007
 
 (Ce petit texte fait partie d'une session que j'avais préparée pour un groupe.)
 
Bienvenue
 
Prière

     

  • Prenons quelques instants pour rencontrer Dieu, l’adorer.
  •  

  • Remercions Dieu pour ses bienfaits.
  •  

  • Demandons pardon…
  •  

  • Demandons lui la grâce de l’accueillir.
 
Introduction :
Spontanément, prier, qu’est-ce que c’est pour toi? (10)
 
Au service de la vie spirituelle : la vie et la prière.
"La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant".
Pour développer sa fidélité à l’Esprit de Dieu qui est amour, le chrétien peut trouver un grand soutient dans les diverses formes d’exercices que nous allons maintenant développer. Cependant, afin de pouvoir s’appliquer à ces exercices, encore faut-il que le chrétien soit vivant. En effet, le premier instrument de la vie spirituelle, c’est notre vie même. Car il s’agit déjà d’un don de Dieu : "Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur".
 
Reconnaître sa vie comme un don de Dieu c'est déjà un acte de foi. C'est l'acte de foi fondamental qui nous unit à tous les croyants de l'histoire, même à ceux qui ont vécu avant Jésus Christ ou qui, de nos jours, vivent sans l'avoir jamais connu. Cet acte de foi en la vie humaine, don de Dieu, est à la base de toute vie spirituelle chrétienne. Il en est le fondement en même temps qu'il en délimite le champ.
La vie spirituelle chrétienne, c'est toute la vie humaine, dans la mesure où elle est vécue sous la mouvance de l'Esprit de Dieu. Or, c'est précisément pour nous aider à rester attentifs à cette animation divine de nos vies que nous disposons d'instruments précieux.
 
Adorer
Le mot adoration est peut-être difficile à comprendre. Un événement raconté dans la Bible peut nous permettre d'en saisir la richesse. Il s'agit de l'épisode du buisson ardent par lequel Dieu vient surprendre et interpeller Moïse (Ex 3, 2-6)
"…le buisson était tout en flammes, mais il n’était pas dévoré par le feu … et Dieu l’appela du milieu du buisson : ‘Moïse! Moïse!’ il répondit : ‘Me voici!’…il (Dieu) ajouta : ‘Je suis le Dieu de tes pères…’"
Qu'elle est belle, cette prière dans laquelle Moïse n'a rien demandé ni rien dit. Il s'agit bien pourtant d'une prière puisque nous assistons à une rencontre entre Dieu et Moïse ! Voici sans doute une bonne définition de la prière : une rencontre entre Dieu et nous. Cette rencontre prendra mille formes. Mais la première est certainement celle que nous voyons dans cet épisode. Nous pouvons l'appeler "adoration".
Face à Dieu qui lui demande une attitude de respect, il ôte ses sandales et se prosterne II reconnaît ainsi l'initiative de Dieu et il l'accueille dans le silence. Comparons l'attitude de Moïse à la nôtre. N'est-il pas vrai que lorsque nous voulons prier, nous commençons souvent par parler à Dieu ? Et nous nous étonnons de ce que Dieu ne nous réponde pas. En fait, en parlant, nous avons inversé les rôles et oublié de commencer par l'adoration qui est silence. Ce silence est fait
d’étonnement devant l'initiative que vient de prendre Dieu en nous appelant. En même temps qu'il permet l'écoute, ce silence nous rappelle que 1’adoration est aussi une écoute. II faut ajouter à cela qu'il y a un lien très étroit entre l'adoration et l'écoute de la Parole de Dieu.
Remercier
Si le premier temps de la prière est d’adorer et d’écouter, le deuxième temps est de remercier. À la résurrection de Lazare, Jésus ne commence pas par demander à son Père de le ressusciter, mais il commence par une action de grâce : "Père, je te rends grâces de m’avoir écouté. Je savais que tu m’écoutes toujours." Il nous montre ainsi que l’action de grâces doit être première. Parce que Dieu est toujours le premier à s’adresser à l’homme et que si c’est le pouvoir de l’homme que de s’adresser à Dieu, c’est dans un second temps.
Nous remercions Dieu puisque, comme Jésus vient de le dire devant le tombeau de Lazare, il exauce toujours. Attention pourtant, Dieu ne le fait pas nécessairement de la manière que nous souhaitons.
(Voir le texte : "Pourquoi prier".)
Demander pardon
Après l’action de grâces qui suit la découverte de l’amour que Dieu nous porte, la deuxième parole humaine en réponse à la Parole de Dieu ne peut être que la demande de pardon. Or, demander pardon, c’est consentir à notre position réelle devant Dieu.
Demander des grâces
Après avoir souligné le danger de limiter la prière à des demandes, il faut reconnaître maintenant que la demande a sa place dans la véritable prière. Jusque dans la plus humble prière de demande, nous retrouvons ici le véritable sens de la prière tel que nous l’avons évoqué précédemment. Nous considérons vraiment Dieu comme Dieu, dans un véritable esprit d’adoration. Nous ne mettons ni son existence ni sa bonté en doute. Nous ne les lions pas à la manière dont il nous exaucera. Nous sommes sûrs, par avance, d’être exaucés, mais comme Dieu voudra et quand il voudra.
 
 
 
LES FORMES DE PRIÈRES
La prière individuelle
Cette forme de prière correspond à une recommandation du Seigneur Jésus : "Quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là dans le secret". (Mt 5,6)
La prière vocale
La prière vocale consiste à réciter des prières toutes faites. Ne nous trompons pas pourtant, en récitant des prière ou des formules, c’est notre être qui participe à la prière : notre esprit, qui réfléchit; notre mémoire, qui travaille; notre affectivité, qui réagit. Cela nous introduit à une deuxième forme de prière individuelle : l’oraison
L’oraison
Faire oraison consiste à se mettre tout entier au service de Dieu avec toutes ses capacités. C’est, prier avec son corps, son esprit et son affectivité.
Prier avec son corps
Pour prier, il faut n'avoir ni trop mangé, ni pas assez ; ni trop dormi, ni pas
assez. Puis il faut ménager les transitions. Pour ce faire, la mise en présence de
Dieu, au début de la prière est, en partie, un exercice physique. Il s'agit d'établir
le calme des sens apaisés par une respiration lente et pleine. Il faut que le corps
participe à la conscience générale du rendez-vous avec Dieu que nous actuali-
sons. Et donc comme on se découvre ou s'incline devant une personne de qualité
qu'on aborde... de même avec Dieu. Cela s'appelle une génuflexion bien faite,
un signe de croix avec ou sans eau bénite, une prosternation avec ou sans baiser
du sol... de toute façon une rupture physique, corporelle, avec la posture précé-
dente... et une tenue digne et respectueuse, cela va de soi.
Ensuite, il faut, dans le déroulement de la prière, prendre la posture qui permet de recueillir le plus de fruit spirituel, tantôt à genoux, ou assis, ou debout. En
marchant dans un cloître, un couloir, une allée ; ou, au contraire, dans l'intimité
de la chambre ou de l'église. Dans tous les cas l'attitude qui, aujourd'hui et pour
moi, favorise le mieux l'attention et l'écoute.
De même, il faut savoir finir une prière en renforçant la présence physique au
moment du dernier cœur à cœur avec le Seigneur. Se servir d'une prière vocale
adaptée, même si on est seul à la murmurer ou à la fredonner. Les sentiments
impliqués en seront intensifiés. Le signe de croix, les mains ouvertes, la proster-
nation de la fin seront une manière de dire au Seigneur: "J'arrête ici ma
conversation avec toi. Je m'en vais... mais pas loin, car maintenant je pars aux
travaux que tu attends de moi et qui sont ta volonté sur moi... à bientôt, donc ! "
On ne quitte pas un ami en tournant les talons brusquement sans lui dire au
revoir. De même avec Dieu.
François Bécheau, Petits pas pour la prière.
 
 
L'examen
Plutôt que le mot "examen", certains préfèrent l'expression "exercice de vigilance". A vrai dire, parmi tous ceux qui viennent d'être indiqués, l'examen est l'exercice le plus important. Certains grands maîtres spirituels affirment même que si l'on était obligé d'abandonner tous les exercices sauf un, ce serait celui-ci qu'il faudrait conserver. L'examen consiste, à la fin de1’oraison, à prendre deux ou trois minutes pour se rappeler et pour noter les mouvements intérieurs qui se sont produits en nous au cours de l'oraison. Cet effort de mémoire a l'intérêt de révéler, au fil des jours, la courbe que peut dessiner la suite de nos oraisons.
La prière communautaire
Une autre phrase du Christ nous introduit à une manière différente de prier : "Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux" (Mt 18,20). Cette façon de prier correspond à la dimension sociale de la personne humaine. Nous sommes tellement portés à faire des choses ensemble, travailler, jouer, boire et manger… pourquoi ne pas prier ensemble ?
La prière en famille
Avant d'évoquer la prière en famille qui est la première manière de prier en groupe, commençons ici par la prière en couple, cependant, que certains couples n'arrivent pas à vraiment prier ensemble qu'ils ne s'inquiètent pas. Rien ne les empêche alors de prier, au même moment, mais chacun à sa manière. Cela peut aider à rester fidèle à un moment régulier de prière. Lorsque les enfants ont quelque peu grandi, beaucoup de foyers ont à cœur de les associer à leur prière familiale. C'est évident, il faut alors s'adapter au rythme des enfants. Mais il ne faut pas hésiter à leur enseigner quelques grandes prières pour qu'ils les apprennent par cœur : le " Signe de la Croix ", le "Notre Père", le "Je vous salue. Marie". Dès que les enfants prennent un peu de personnalité, il ne faut pas sous-estimer la nécessité de former aussi leur liberté, en commençant d'ailleurs par la respecter. Rien n’est en effet plus insupportable qu’une démarche religieuse imposée. C’est le plus sûr moyen, lorsqu’ils seront adultes, d’éloigner les enfants de la religion!
Les groupes de prières
Tout groupe qui se réunit pour prier peut être appelé "groupe de prière". Il existe plusieurs sortes de groupes de prière.
La prière liturgique
La liturgie de l’Église comporte, en premier lieu, la célébration des sacrements. En deuxième lieu, la liturgie de l’Église est assurée par le chant ou la récitation de l’office divin.
Extraits de : Guide pratique de la vie de l’Église, Pierre Debergé
"Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et vous l’obtiendrez". (Jn 15,7)
(Jn 15,7)
Par Albert Dugas - Publié dans : a-livre-ouvert
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Jeudi 18 janvier 2007
Ut unum sint
 
Les chrétiens sur le chemin de l’unité
 
Le Christ appelle les chrétiens à s’unir, particulièrement en cette fin de millénaire au commencement duquel la division s’installa parmi nous. Notre prière et notre engagement pour l’unité des chrétiens sont des moyens, de pauvres moyens, en ses mains toutes puissantes. Nous ne pouvons douter que sa prière pour l’unité se réalisera.
 
Voici une synthèse d’un récent et important texte de l’Église catholique sur l’œcuménisme : une lettre encyclique du Pape Jean-Paul II. Cette lettre est don de Dieu à ses enfants divisés.
 
Évidemment, ce n’est pas le dernier mot en matière d’œcuménisme, mais cela démontre certainement que nous progressons sur la bonne voie.
 
Cette synthèse est constituée de 16 titres qui donnent les idées maîtresses de la lettre encyclique. Vous pouvez lire seulement ces titres. Un court texte suit chaque titre et fournit plus d’information. Les chiffres entre parenthèses réfèrent aux paragraphes numérotés correspondant de la lettre encyclique d’où provient la formulation du texte ou la substance de la synthèse. 
 
 
1) Une lettre encyclique sur l’unité des chrétiens
 
En mai 1995, Jean-Paul II a publié une lettre encyclique (lettre adressée au monde par l’intermédiaire des évêques) invitant les catholiques à prier et à agir en faveur de l’unité des chrétiens. (3.101) Cet appel s’inscrit dans la démarche préparatoire au Jubilé de l’An 2000 après Jésus-Christ, date pleine de signification pour les Chrétiens. (1, 3, 100)
 
2) L’unité exige la conversion de toutes les Églises
 
Intitulée « Que tous soient un! », cette lettre rappelle les conclusions du Concile Vatican II (1, 3, 100) à l’effet que l’unité recherchée n’est pas un retour des autres chrétiens à l’Église catholique, mais la conversion plus profonde de toutes les Églises et Communautés chrétiennes afin de rétablir entre elles la pleine communion de l’unique Église du Christ. (9, 16, 17, 22, 41, 42, 56, 82) Humblement, l’Église catholique reconnaît que ce sont les autres Églises chrétiennes, protestantes et orthodoxes, qui ont donné son essor au mouvement de conversion œcuménique. (48, 56, 62, 65)
 
3) Jésus désire l’unité des chrétiens
 
À l’heure de sa Passion, Jésus a prié afin que tous ceux qui croiront en lui soient un. Cette unité n’est pas secondaire, elle est au centre de son œuvre. Il en découle le devoir de tous les baptisés de réaliser la pleine unité de l’Église, corps du Christ. La division des chrétiens contredit ouvertement la volonté du Christ, elle est un sujet de scandale pour le monde et une cause de préjudice à l’annonce de l’Évangile. (6, 9, 98)
 
4) L’œcuménisme est la voie de la re-union des chrétiens
 
Sur la route qui conduit à la pleine unité, le dialogue œcuménique s’efforce de susciter un soutien fraternel entre les diverses Communautés chrétiennes. (87) Le but de l’œcuménisme est le rétablissement de l’unité visible des chrétiens en une seule foi. (24, 77)
 
 
5) Sont chrétiens ceux qui croient en Dieu révélé par Jésus
 
Ainsi, toutes les Églises et les communautés qui invoquent Dieu, unique et trinitaire, baptisent leurs membres en son Nom et croient en Jésus, Seigneur et Sauveur, portent à bon droit le nom de chrétiennes. (7, 12, 13, 42) Leurs membres sont reconnus avec raison comme frères et sœurs dans le Christ par les catholiques. Tous appartiennent à l’unique Église du Christ. (10, 11, 13, 42, 78)
 
6) Pour se réunir, chaque confession chrétienne doit reconnaître et regretter
     ses torts passés.
  
S’engageant avec sincérité dans ce mouvement, l’Église catholique reconnaît que la responsabilité de la division des chrétiens ne peut être attribuée uniquement aux autres. (1, 3, 11) Elle confesse les faiblesses de ses fils, consciente que leurs péchés constituent autant de trahisons et d’obstacles à la réalisation du dessin de Jésus. (3) Dans le dialogue œcuménique, chacun doit rechercher ses propres torts, confesser ses fautes et se remettre dans les mains de Jésus Christ. (82)
 
7) Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise
 
Le Christ qui unit la famille des chrétiens est beaucoup plus fort que ce qui la divise. (20) Quelque soit l’Église ou la communauté chrétienne, la vie chrétienne se nourrit de la foi au Christ, elle est soutenue par la grâce du Baptême et l’écoute de la Parole de Dieu. Elle se manifeste dans la prière privée, la méditation biblique, la vie de famille chrétienne et le culte de la communauté rassemblée pour louer Dieu. (68)
 
8) Au-delà du culte les Églises chrétiennes sont animées des mêmes valeurs
     évangéliques de justice et de partage
 
En outre, les chrétiens partagent un vif sentiment de justice et la charité véritable pour le prochain. Ils cherchent souvent ensemble à rendre plus humaines les conditions de la vie en société, à rétablir la paix ou à venir en aide aux malheureux. (40, 43, 68) Cette coopération n’est jamais pour les chrétiens, qu’une simple action humanitaire. Elle tire sa raison d’être de la parole du Seigneur : J’avais faim et vous m’avez donné à manger. (Mt 25, 35). Cette coopération est un autre signe de la communion partielle mais bien réelle qu’il y a déjà entre chrétiens. (75)
 
 
 
9) La diversité des regards chrétiens sur la même réalité divine est une source
     de richesse de l’Église du Christ plutôt qu’un motif de division
 
Les divergences entre chrétiens ne sont souvent que la confrontation de perceptions incomplètes résultant des regards humains scrutant la même réalité divine à partir de points de vue différents. (38) L’indifférence et la méconnaissance mutuelle aggravent les divergences doctrinales entre chrétiens. (2)
 
Pourtant, la diversité légitime des communautés chrétiennes ne s’oppose pas à l’unité de l’Église, elle en accroît même le prestige et contribue largement à l’achèvement de sa mission en actualisant l’Évangile dans les diverses cultures qui tissent l’humanité. (19, 50) L’œcuménisme cherche donc à retrouver la pleine unité dans la diversité légitime. (57)
 
10) L’Église catholique s’engage dans l’œcuménisme sans tiédeur mais sans
       faux accommodements
 
Le Pape engage l’Église catholique dans cette démarche œcuménique, sans tiédeur mais en tenant compte de toutes les exigences de la vérité révélée. L’œcuménisme ne peut s’accommoder de semblants de solutions qui n’aboutiraient à rien de stable ou de solide. L’exigence de la vérité doit aller jusqu’au bout. C’est ce que nous enseigne l’Évangile. (79)
 
11) Les Églises chrétiennes doivent chercher ensemble la vérité de l’Esprit sur
       cinq thèmes reliés au rôle de l’Église, à certains sacrements sur Marie
       mère de Jésus
 
Les thèmes à approfondire pour établir un véritable consensus dans la foi chrétienne sont :
 
·        les relations entre la Bible, autorité suprême en matière de foi, et le rôle de l’Église dans l’explication et la proclamation de cette Parole de Dieu;
·        la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie;
·        l’ordination d’évêques, de prêtres et de diacres;
·        la responsabilité et l’autorité du Pape et des Évêques pour la sauvegarde de la foi;
·        la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère spirituelle des disciples du Christ et de l’humanité. (66, 79)
 
 
12) Le Pape accepte de discuter de son rôle et demande pardon au nom des
       titulaires de cette fonction s’ils ont contribué à la division de l’Église
 
Le Pape reconnaît que la conviction qu’a l’Église catholique d’avoir conservé, fidèle à la tradition apostolique, le signe visible et le garant de l’unité dans le ministère de l’Évêque de Rome, successeur de Pierre, représente une difficulté pour la plupart des autres chrétiens, dont la mémoire est marquée par certains souvenirs douloureux. « Pour ce dont nous sommes responsables, je demande pardon, comme l’a fait mon prédécesseur Paul VI. » (88)
 
Jean-Paul II trouve encourageant que cette question soit devenue un objet du dialogue œcuménique. Il mentionne en particulier la décision du Conseil œcuménique des Églises d’entreprendre une nouvelle étude sur la question d’un ministère universel de l’unité chrétienne. (89) Le Saint-Père est attentifs à la requête qui lui est faite par plusieurs Communautés chrétiennes de trouver une forme d’exercice de sa responsabilité qui soit ouverte à une situation nouvelle mais sans renoncement à l’essentiel de sa mission. (95)
 
13) La reconnaissance des difficultés à trouver l’unité sincèrement recherchée 
       ainsi que l’abandon au Seigneur ouvrent la voie à sa puissante
       intervention qui réalisera la complète unité des chrétiens
 
Dans cette recherche d’unité chrétienne, le Saint-Père nous invite à méditer la faiblesse de Pierre et de Paul qui montre que l’Église est fondée sur la puissance et la miséricorde de Dieu. (4, 91) Le Seigneur dit à Paul « Ma grâce te suffit; car la puissance se déploie dans la faiblesse. » (II Co 12, 9) (92) La grâce du Seigneur agira donc pleinement lorsque malgré la volonté sincère de son peuple de s’unir, il reconnaîtra son incapacité humaine à y parvenir. (7, 22, 26, 41, 84, 93)
 
14) Plusieurs oeuvres témoignent des progrès de la conversion œcuménique
 
Déjà les progrès de la conversion œcuménique sont significatifs. Par exemple, la traduction œcuménique de la Bible (TOB) fournit un fondement sûr pour la prière et pour l’activité pastorale de tous les chrétiens. Davantage de Communauté célèbrent maintenant à chaque dimanche la liturgie de la Cène. Le cycle des lectures liturgiques de différentes Communautés chrétiennes occidentales converge sur l’essentiel. (44)
 
 
 
15) Nous sommes tous appelés à contribuer à l’unité des chrétiens par la
        prière.
 
Le Saint-Père appelle finalement tous les fidèles à contribuer activement, par la prière, à cette marche vers l’unité de l’Église du Christ. (4, 8, 19) L’Évêque de Rom lui-même doit faire sienne avec ferveur la prière du Christ pour la conversion, qui est indispensable à « Pierre » afin qu’il puissent servir ses frères. Cette prière des frères et des sœurs qui ne sont plus dans une parfaite communion est l’âme du mouvement œcuménique. Elle est un moyen très efficace pour demander la grâce de l’unité. (21, 101)
 
16) Dépassons nos préjugés et prions avec nos frères et sœurs dans le Christ.
 

Pour répondre à cet appel à la prière commune, faisons un geste envers les autres communautés et suscitons des occasions de rencontres, d’échanges et de prières œcuméniques qui nous permettront de constater à quel point ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise. (21, 22

Par Albert Dugas - Publié dans : Église
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