Ut unum sint
Les chrétiens sur le chemin de l’unité
Le Christ appelle les chrétiens à s’unir, particulièrement en cette fin de millénaire au commencement duquel la division s’installa parmi nous. Notre prière et notre engagement pour l’unité des chrétiens sont des moyens, de pauvres moyens, en ses mains toutes puissantes. Nous ne pouvons douter que sa prière pour l’unité se réalisera.
Voici une synthèse d’un récent et important texte de l’Église catholique sur l’œcuménisme : une lettre encyclique du Pape Jean-Paul II. Cette lettre est don de Dieu à ses enfants divisés.
Évidemment, ce n’est pas le dernier mot en matière d’œcuménisme, mais cela démontre certainement que nous progressons sur la bonne voie.
Cette synthèse est constituée de 16 titres qui donnent les idées maîtresses de la lettre encyclique. Vous pouvez lire seulement ces titres. Un court texte suit chaque titre et fournit plus d’information. Les chiffres entre parenthèses réfèrent aux paragraphes numérotés correspondant de la lettre encyclique d’où provient la formulation du texte ou la substance de la synthèse.
1) Une lettre encyclique sur l’unité des chrétiens
En mai 1995, Jean-Paul II a publié une lettre encyclique (lettre adressée au monde par l’intermédiaire des évêques) invitant les catholiques à prier et à agir en faveur de l’unité des chrétiens. (3.101) Cet appel s’inscrit dans la démarche préparatoire au Jubilé de l’An 2000 après Jésus-Christ, date pleine de signification pour les Chrétiens. (1, 3, 100)
2) L’unité exige la conversion de toutes les Églises
Intitulée « Que tous soient un! », cette lettre rappelle les conclusions du Concile Vatican II (1, 3, 100) à l’effet que l’unité recherchée n’est pas un retour des autres chrétiens à l’Église catholique, mais la conversion plus profonde de toutes les Églises et Communautés chrétiennes afin de rétablir entre elles la pleine communion de l’unique Église du Christ. (9, 16, 17, 22, 41, 42, 56, 82) Humblement, l’Église catholique reconnaît que ce sont les autres Églises chrétiennes, protestantes et orthodoxes, qui ont donné son essor au mouvement de conversion œcuménique. (48, 56, 62, 65)
3) Jésus désire l’unité des chrétiens
À l’heure de sa Passion, Jésus a prié afin que tous ceux qui croiront en lui soient un. Cette unité n’est pas secondaire, elle est au centre de son œuvre. Il en découle le devoir de tous les baptisés de réaliser la pleine unité de l’Église, corps du Christ. La division des chrétiens contredit ouvertement la volonté du Christ, elle est un sujet de scandale pour le monde et une cause de préjudice à l’annonce de l’Évangile. (6, 9, 98)
4) L’œcuménisme est la voie de la re-union des chrétiens
Sur la route qui conduit à la pleine unité, le dialogue œcuménique s’efforce de susciter un soutien fraternel entre les diverses Communautés chrétiennes. (87) Le but de l’œcuménisme est le rétablissement de l’unité visible des chrétiens en une seule foi. (24, 77)
5) Sont chrétiens ceux qui croient en Dieu révélé par Jésus
Ainsi, toutes les Églises et les communautés qui invoquent Dieu, unique et trinitaire, baptisent leurs membres en son Nom et croient en Jésus, Seigneur et Sauveur, portent à bon droit le nom de chrétiennes. (7, 12, 13, 42) Leurs membres sont reconnus avec raison comme frères et sœurs dans le Christ par les catholiques. Tous appartiennent à l’unique Église du Christ. (10, 11, 13, 42, 78)
6) Pour se réunir, chaque confession chrétienne doit reconnaître et regretter
ses torts passés.
S’engageant avec sincérité dans ce mouvement, l’Église catholique reconnaît que la responsabilité de la division des chrétiens ne peut être attribuée uniquement aux autres. (1, 3, 11) Elle confesse les faiblesses de ses fils, consciente que leurs péchés constituent autant de trahisons et d’obstacles à la réalisation du dessin de Jésus. (3) Dans le dialogue œcuménique, chacun doit rechercher ses propres torts, confesser ses fautes et se remettre dans les mains de Jésus Christ. (82)
7) Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise
Le Christ qui unit la famille des chrétiens est beaucoup plus fort que ce qui la divise. (20) Quelque soit l’Église ou la communauté chrétienne, la vie chrétienne se nourrit de la foi au Christ, elle est soutenue par la grâce du Baptême et l’écoute de la Parole de Dieu. Elle se manifeste dans la prière privée, la méditation biblique, la vie de famille chrétienne et le culte de la communauté rassemblée pour louer Dieu. (68)
8) Au-delà du culte les Églises chrétiennes sont animées des mêmes valeurs
évangéliques de justice et de partage
En outre, les chrétiens partagent un vif sentiment de justice et la charité véritable pour le prochain. Ils cherchent souvent ensemble à rendre plus humaines les conditions de la vie en société, à rétablir la paix ou à venir en aide aux malheureux. (40, 43, 68) Cette coopération n’est jamais pour les chrétiens, qu’une simple action humanitaire. Elle tire sa raison d’être de la parole du Seigneur : J’avais faim et vous m’avez donné à manger. (Mt 25, 35). Cette coopération est un autre signe de la communion partielle mais bien réelle qu’il y a déjà entre chrétiens. (75)
9) La diversité des regards chrétiens sur la même réalité divine est une source
de richesse de l’Église du Christ plutôt qu’un motif de division
Les divergences entre chrétiens ne sont souvent que la confrontation de perceptions incomplètes résultant des regards humains scrutant la même réalité divine à partir de points de vue différents. (38) L’indifférence et la méconnaissance mutuelle aggravent les divergences doctrinales entre chrétiens. (2)
Pourtant, la diversité légitime des communautés chrétiennes ne s’oppose pas à l’unité de l’Église, elle en accroît même le prestige et contribue largement à l’achèvement de sa mission en actualisant l’Évangile dans les diverses cultures qui tissent l’humanité. (19, 50) L’œcuménisme cherche donc à retrouver la pleine unité dans la diversité légitime. (57)
10) L’Église catholique s’engage dans l’œcuménisme sans tiédeur mais sans
faux accommodements
Le Pape engage l’Église catholique dans cette démarche œcuménique, sans tiédeur mais en tenant compte de toutes les exigences de la vérité révélée. L’œcuménisme ne peut s’accommoder de semblants de solutions qui n’aboutiraient à rien de stable ou de solide. L’exigence de la vérité doit aller jusqu’au bout. C’est ce que nous enseigne l’Évangile. (79)
11) Les Églises chrétiennes doivent chercher ensemble la vérité de l’Esprit sur
cinq thèmes reliés au rôle de l’Église, à certains sacrements sur Marie
mère de Jésus
Les thèmes à approfondire pour établir un véritable consensus dans la foi chrétienne sont :
· les relations entre la Bible, autorité suprême en matière de foi, et le rôle de l’Église dans l’explication et la proclamation de cette Parole de Dieu;
· la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie;
· l’ordination d’évêques, de prêtres et de diacres;
· la responsabilité et l’autorité du Pape et des Évêques pour la sauvegarde de la foi;
· la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère spirituelle des disciples du Christ et de l’humanité. (66, 79)
12) Le Pape accepte de discuter de son rôle et demande pardon au nom des
titulaires de cette fonction s’ils ont contribué à la division de l’Église
Le Pape reconnaît que la conviction qu’a l’Église catholique d’avoir conservé, fidèle à la tradition apostolique, le signe visible et le garant de l’unité dans le ministère de l’Évêque de Rome, successeur de Pierre, représente une difficulté pour la plupart des autres chrétiens, dont la mémoire est marquée par certains souvenirs douloureux. « Pour ce dont nous sommes responsables, je demande pardon, comme l’a fait mon prédécesseur Paul VI. » (88)
Jean-Paul II trouve encourageant que cette question soit devenue un objet du dialogue œcuménique. Il mentionne en particulier la décision du Conseil œcuménique des Églises d’entreprendre une nouvelle étude sur la question d’un ministère universel de l’unité chrétienne. (89) Le Saint-Père est attentifs à la requête qui lui est faite par plusieurs Communautés chrétiennes de trouver une forme d’exercice de sa responsabilité qui soit ouverte à une situation nouvelle mais sans renoncement à l’essentiel de sa mission. (95)
13) La reconnaissance des difficultés à trouver l’unité sincèrement recherchée
ainsi que l’abandon au Seigneur ouvrent la voie à sa puissante
intervention qui réalisera la complète unité des chrétiens
Dans cette recherche d’unité chrétienne, le Saint-Père nous invite à méditer la faiblesse de Pierre et de Paul qui montre que l’Église est fondée sur la puissance et la miséricorde de Dieu. (4, 91) Le Seigneur dit à Paul « Ma grâce te suffit; car la puissance se déploie dans la faiblesse. » (II Co 12, 9) (92) La grâce du Seigneur agira donc pleinement lorsque malgré la volonté sincère de son peuple de s’unir, il reconnaîtra son incapacité humaine à y parvenir. (7, 22, 26, 41, 84, 93)
14) Plusieurs oeuvres témoignent des progrès de la conversion œcuménique
Déjà les progrès de la conversion œcuménique sont significatifs. Par exemple, la traduction œcuménique de la Bible (TOB) fournit un fondement sûr pour la prière et pour l’activité pastorale de tous les chrétiens. Davantage de Communauté célèbrent maintenant à chaque dimanche la liturgie de la Cène. Le cycle des lectures liturgiques de différentes Communautés chrétiennes occidentales converge sur l’essentiel. (44)
15) Nous sommes tous appelés à contribuer à l’unité des chrétiens par la
prière.
Le Saint-Père appelle finalement tous les fidèles à contribuer activement, par la prière, à cette marche vers l’unité de l’Église du Christ. (4, 8, 19) L’Évêque de Rom lui-même doit faire sienne avec ferveur la prière du Christ pour la conversion, qui est indispensable à « Pierre » afin qu’il puissent servir ses frères. Cette prière des frères et des sœurs qui ne sont plus dans une parfaite communion est l’âme du mouvement œcuménique. Elle est un moyen très efficace pour demander la grâce de l’unité. (21, 101)
16) Dépassons nos préjugés et prions avec nos frères et sœurs dans le Christ.
Pour répondre à cet appel à la prière commune, faisons un geste envers les autres communautés et suscitons des occasions de rencontres, d’échanges et de prières œcuméniques qui nous permettront de constater à quel point ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise. (21, 22